Salle de conso : quel fonctionement ?

Toutes les salles de consommation fonctionnent presque de la même
manière : entrée libre, accueil avec un enregistrement (un pseudo ou un code anonyme) dans une première salle, accès dans la salle de consommation lorsqu’un poste (d’inhalation ou d’injection) est disponible, choix du matériel et consommation, passage dans une salle de repos et enfin sortie.
Cependant, dans le détail, les modes de fonctionnement d’une salle de conso peuvent être différents d’un endroit à l’autre, en général pour des raisons législatives ou budgétaires. Par exemple, les horaires d’ouverture sont souvent décidés par le financement : est-ce qu’il y a suffisamment de fonds pour ouvrir 24h/24h et 7j/7 ? En ce qui concerne le matériel, il peut être commandé par l’institution de Santé publique qui finance toutes les
structures de RdRD, comme au Québec, mais pour cela elle doit obligatoirement passer par un appel d’offre. Si l’entreprise qui gagne le
marché propose des seringue différentes de celles utilisées
habituellement par les usagers alors tant pis, ce seront ces nouvelles
seringues qui seront fournies (même si en général les institutions
font attention à ce genre de détails).
Sur le plan législatif, cela peut concerner le partage du produit consommé : en France le fait d’être considéré comme un complice si on partage a eu comme conséquence d’interdire cette pratique dans la salle (pas d’injection par quelqu’un d’autre, pas de partage du produit dans la salle, etc.) alors que c’est accepté dans la plupart des autres salles dans le monde. Cela a pour conséquences directes d’empêcher la venue de couples ou de duo qui s’injectent mutuellement, ou encore d’être obligé de partager le produit avant d’entrer dans la salle avec les risques hygiéniques (mains sales, support où est posé le produit pour le partage, etc.) que cela comporte.
D’autres règles sont définies par le personnel qui travaille dans la salle.
C’est le cas de l’endroit où il est permis de s’injecter : dans les SCMR
de Paris et Strasbourg, il n’est pas permis de s’injecter dans le sexe, le
buste et sur le visage alors que dans la salle de Cactus à Montréal – entre
autres – on peut s’injecter où l’on veut.
Le fait de montrer le produit avant de le consommer est demandé dans
quelques salles mais pas toutes, or cela peut provoquer des tensions
avec le personnel si finalement on ne consomme pas ce produit et qu’on
en utilise un autre au moment de l’injection… Le temps accordé au
poste d’injection ou d’inhalation peut aussi différer. Ce temps permis peut notamment dépendre du nombre de passages dans la salle puisque s’il y en a trop alors il faut le réduire pour que tout le monde puisse consommer dans un lieu sûr. A titre de comparaison, on peut rester 20 min au poste d’injection dans la SCMR de Paris – 10 millions d’habitants et une salle de conso – contre 35 min dans la salle Skyen de Copenhague – 2 millions d’habitants et 3 salles de conso (dont une mobile).

Laélia Briand-Madrid

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